19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 13:19

Vendredi dernier, le 15 mars, les Etats membres de l’UE se réunissaient pour décider sur l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes.

Les Etats membres n’ont pas réussi à décider sur la question, à défaut de majorité qualifiée.  

Les négociations sont relancées et un nouveau vote aura lieu dans les 2 mois. L’ensemble des apiculteurs européens doit continuer de maintenir la pression sur les Etats membres.

Nous vous tiendrons informés sur les actions que l’UNAF envisage, notamment par rapport à la date du 27 mars que nous vous avions précédemment annoncée.

 


COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Les Etats membres échouent à interdire les néonicotinoïdes – L'Union Nationale de l'Apiculture Française appelle Stéphane Le Foll à prendre rapidement les décisions qui s'imposent.

 

Aujourd'hui, les Etats membres de l'UE ont échoué à trouver un accord sur l'interdiction de trois insecticides néonicotinoïdes : la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxam.

 Cette réunion des Etats membres intervenait à la suite des avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) du 16 janvier dernier, qui identifiaient des risques importants pour les abeilles, non pris en compte au moment de la mise sur le marché de ces pesticides.

 Alors que les avis de l'EFSA étaient sans appel, et qu'ils venaient confirmer les conclusions de nombreuses études scientifiques parues depuis 2000, il est incompréhensible que les gouvernements européens échouent à prendre la seule décision qui s'impose. Il est inacceptable qu'ils ne soient pas en mesure de faire le choix de la survie des pollinisateurs, indispensables à l'agriculture depuis la nuit des temps, contre des pesticides apparus dans nos champs il y a seulement une quinzaine d'années !

 Nous appelons le Ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, à interdire ces pesticides dès aujourd'hui et à faire le nécessaire pour convaincre les Etats membres de parvenir aux décisions qui s'imposent.

L'inaction conduirait à un coût élevé pour l'environnement et l’agriculture : les néonicotinoïdes menacent les services irremplaçables des pollinisateurs,  actuellement évalué à 21,8 milliards d'euro par an dans l'UE.

La réglementation européenne doit être appliquée : les Etats membres ne sont pas en mesure de garantir que ces molécules n’ont pas d’effet inacceptable sur les abeilles. La conclusion qui s’impose légalement est le retrait de ces insecticides du marché.

 

Selon Olivier BELVAL, Président de l'UNAF, « La commission européenne doit être ferme et maintenir sa proposition et le gouvernement Français doit tout faire pour obtenir une décision la plus large possible ! Un signal fort serait l'application immédiate du principe de précaution en France en imposant un moratoire sur ces pesticides »

Impact des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs - de nombreuses publications scientifiques :

® Les néonicotinoides persistent dans l'environnement, la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée à 148 à 6900 jours (loam sableux et sols argileux)1. L'imidaclopride peut ainsi être absorbée par des cultures non-traitées, jusqu'à deux ans après la première utilisation, et peut se retrouver dans le pollen et le nectar des fleurs non traitées à des niveaux toxiques pour les abeilles 2. La persistance des néonicotinoïdes contamine l'environnement au sens large, notamment le pollen. En 2002 et 2003, 69,1% du pollen récolté par les abeilles de 25 ruchers dans cinq départements français, sur des plantes traitées et non traitées étaient contaminés par de l’imidaclopride3, bien que cette neurotoxine ait été interdite à l'utilisation sur le tournesol en janvier 1999.

® Les néonicotinoïdes sont extrêmement toxiques pour les insectes auxiliaires des cultures, essentielles à un équilibre de l'écosystème et pour le contrôle des populations de ravageurs4. ® Des effets synergiques et cumulatifs : lorsque combinés et en synergie avec d'autres pesticides, en particulier les fongicides, les effets toxiques des néonicotinoïdes sur les abeilles augmentent considérablement, et se manifestent chez les abeilles par un large éventail de pathologies: infections bactériennes, virales et fongiques5. ® Inefficacité agronomique des néonicotinoïdes: des rendements de cultures similaires peuvent être réalisés avec ou sans traitements de pesticides comme le Gaucho ® 6.

® Des effets chroniques et sublétaux sur les abeilles: l'imidaclopride a démontré des effets comportementaux7, ainsi que physiologiques et métaboliques chez les abeilles 8. En effet, de très faibles doses de néonicotinoïdes peuvent affecter les populations d'abeilles  indirectement: par la désorientation, l'incapacité d'accéder à la ruche, réduction de l'efficacité de recherche de nourriture, troubles de la mémoire et de l'apprentissage, manque de communication au sein de la colonie, l'effondrement de l'élevage des jeunes, la diminution de l'efficacité du métabolisme et l'affaiblissement du système immunitaire des abeilles9.

 

Références

1) DeCant, J., & Barrett, M. (2010). Environmental Fate and Ecological Risk Assessment for the Registration of CLOTHIANIDIN for Use as a Seed Treatment on Mustard Seed (Oilseed and Condiment) and Cotton. Environmental Protection (pp. 1–99).

2) Bonmatin, J. M., et al . (2003) A sensitive LC/APCI/MS/MS method for analysis of imidacloprid in soils, in plants and in pollens. Anal. Chem. 75 (9), 2027-2033.

3) Chauzat M.P. et al (2006). A survey pesticides residues in pollen loads collected by honey bees in France. Journal of Economic Entomology, 99:253-262

4) Draft Guidance on the Risk Assessment of Plant Protection Products on bees (Apis mellifera, Bombus spp. and solitary bees)

5) Opinion as Pettis, Vidau and EFSA. Vidau, C.; Diogon, M. & Aufauvre, J. et al. (2011): Exposure to sub-lethal doses of fipronil and thiacloprid highly increases mortality of honeybees previously infected by Nosema ceranae. PloS One 2011; 6(6): e21550.

6) Pettis, J. S.; van Engelsdorp, D.; Johnson, J & Dively, G. (2012): Pesticide exposure in honey bees results in increased levels of the gut pathogen Nosema. Naturwissenschaften 99(2), pp. 153-158.

7) L. Furlan et al. (2007) Università di Padova "Valutazione nel quadriennio 2003-2006 : Effetti sul mais della concia insetticida del seme". L’Informatore Agrario • 5/ 2007 (p.92 – 96).

8) EFSA Journal 2012;10(5):2668 [275 pp.] Scientific Opinion on the science behind the development of a risk assessment of Plant Protection Products on bees (Apis mellifera, Bombus spp. and solitary bees).

9) Hatjina et al, 2013. Sublethal doses of imidacloprid decreased size of hypopharyngeal glands and respiratory rhytm of honeybees in vivo”

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Publié par Abeille34 - dans Publications
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